Rapport Schwartz : les masques tombent !

6 octobre 2015

Communiqué 

Les radios privées denoncent l’inclusion dans le protocole issu de la mission Schwartz d’une mention sur la diversité en radio au bénéfice exclusif des majors contre les auditeurs et les producteurs indépendants

L’ensemble des radios des Groupes Lagardère, NRJ et RTL ainsi que les 140 radios indépendantes membres du SIRTI dénoncent l’inclusion en catimini dans le protocole issu de la mission Schwartz d’une mention engageant les pouvoirs publics à « améliorer la diversité musicale à la radio (1) ».

Alors que la lettre de mission « Pour un développement équitable de la musique en ligne » de Marc Schwartz ne mentionne en aucun cas les dispositifs de quotas en vigueur en radio comme en télévision et que les radios n’ont pas participé aux discussions menées par Marc Schwartz, cette disposition est pour le moins surprenante.

Pourquoi en effet inclure la radio, média qui rémunère de façon claire, équitable et transparente les artistes comme les producteurs dans un rapport sur la musique en ligne ? Pourquoi parler de l’exposition de la musique française à la radio, soumise à des quotas depuis plus de 20 ans alors que les plateformes de musique en ligne à la demande ne sont soumises à aucune contrainte ?

La réponse est simple : le Ministère de la Culture a préféré pénaliser la radio, qui est  pourtant le vecteur principal d’exposition de la musique afin d’obtenir la signature des majors sur des engagements à minima. On comprend ainsi mieux l’apparition d’un amendement de commande visant à limiter les rotations en radio et l’engagement de la ministre sur cette mesure. On comprend également pourquoi elle n’a fait l’objet d’aucune instruction préalable à son adoption et pourquoi aucune étude d’impact n’a été communiquée aux députés

Pourtant, tous les professionnels du secteur savent qu’en méconnaissant l’un des fondamentaux de la radio qui est la répétition, ce dispositif relèguera au second plan l’exposition des artistes francophones au profit des artistes anglo-saxons, à l’inverse de l’effet escompté. C’est la raison pour laquelle les producteurs indépendants, qui ne disposent pas du catalogue international des majors, s’opposent à cette mesure.

Les radios saluent les efforts de Marc Schwartz pour imposer plus de transparence sur un marché qui en manque cruellement, comme le montre les documents de mise sur le marché de Deezer :

En effet, la valorisation de DEEZER étant estimée à 1 milliard d’euros, la valeur de la participation des Majors (Universal, Sony, Warner, EMI) ressortirait à environ 153 millions d’euros. Une plus-value de 142 millions va être dégagée au profit des majors de la musique, dont pas un centime ne reviendra  aux artistes, aux musiciens, aux chanteurs !

Les radios ne peuvent accepter d’être une monnaie d’échange dans des discussions auxquelles elles ne sont pas parties. Elles continuent de demander le retrait pur et simple de toute mesure imposant des contraintes supplémentaires sur leur programmation.

 

(1) Point 3.1 de la mission Schwartz : Confirmer et améliorer l’efficacité des engagements de diffusion de chansons d’expression originale française pour améliorer la diversité musicale à la radio.

(2) Universal, EMI, Sony et Warner seront propriétaires de 15,35% du capital de Deezer après l’exercice de warrants dont elles bénéficient. Le coût de souscription est de 11 millions d’euros. Si, comme la presse s’en fait l’écho, la valorisation de Deezer ressort à 1 milliard d’euros, la valeur de la participation des majors ressortirait à 153 millions d’euros , soit une plus-value de l’ordre 142 millions d’euros.