Publicité sur France 3 après 20h : ce n’est pas à France Télévisions de (dé)faire la loi !

2 octobre 2014

Communiqué du SIRTI

Le SIRTI découvre que France Télévisions prétend effectuer des décrochages de publicités locales dans les programmes nationaux après 20h.

Invoquer une prétendue faille juridique pour s’autoriser un tel contournement de la loi n’est pas sérieux de la part de France Télévisions. Le groupe public tente de forcer la décision politique pour le retour de la publicité en soirée sur toutes ses chaînes, il prétend à cette fin user de la double dimension régionale et nationale de France 3 au mépris des équilibres économiques et de la régulation de l’audiovisuel.

Le tissu de PME indépendantes éditrices de chaînes de radios et de télévisions locales, régionales et thématiques représenté par le SIRTI ne peut accepter que les entreprises de service public se comportent comme de grands paquebots ivres, négligeant leur environnement pour se procurer des recettes d’expédients. Nos entreprises desservent les territoires et servent des thématiques, sans aucune aide ni subvention, au service de plus de 10 millions d’auditeurs et de téléspectateurs quotidiens.

Le SIRTI rappelle que le gouvernement s’apprête à valider une nouvelle hausse de la redevance audiovisuelle supportée par les ménages afin de doter les entreprises en charge du service public de l’audiovisuel, radio et télévision de plus de 3 milliards d’euros de budget, dont 2,5 milliards à France Télévisions. Ceci dans un contexte économique extrêmement difficile et alors que le service public persiste à refuser toute remise en question et adaptation pourtant inéluctables. Ayant accepté d’accorder cette hausse de la fiscalité, le gouvernement doit à tout le moins jouer son rôle de tutelle et d’actionnaire de l’audiovisuel public, en invitant fermement France Télévisions à renoncer à cette décision abusive d’ouvrir de nouveaux décrochages publicitaires.

Le problème chronique du service public de l’audiovisuel n’est pas un prétendu sous-financement, mais la pléthore des chaînes et des missions qu’il s’est souvent auto-assignées. Comme aux ères révolues du monopole d’État et de l’argent public facile, le service public démultiplie ses offres, relance indéfiniment ses chaînes et stations en échec, se place en concurrence frontale avec le secteur privé tout en se drapant derrière des spécificités de plus en plus évanescentes.

Ce nouvel incident de gouvernance du service public de l’audiovisuel montre qu’il doit entrer à son tour dans le champ de la régulation du secteur, qui porte tant sur le pluralisme que sur les enjeux économiques. La compétence du CSA doit porter sur les entreprises tant publiques que privées, pour être complète dans le champ de l’audiovisuel. Le SIRTI relève d’ailleurs avec satisfaction la réaction du Président du CSA, Olivier Schrameck, qui juge que soutenir le retour de la publicité après 20h sur les chaînes de télévision publiques serait « inconséquent » par rapport aux récentes décisions du régulateur prenant en compte la fragilité des équilibres sur les marchés publicitaires de l’audiovisuel