« Publicité : les stations privées assignent Radio France en justice »

10 mars 2015

Publicité : les stations privées assignent Radio France en justice

Elles sont rouges de colère, et entendent bien le faire savoir : « l’ensemble des radios privées commerciales françaises s’unissent et agissent contre une ouverture supplémentaire de la publicité sur Radio France », prévenait l’invitation du point presse organisé lundi 9 mars. Dans une salle de projection proche des Champs-Elysées, sept intervenants – des représentants du Bureau de la radio (qui regroupe Europe 1, RTL, NRJ et RMC), du Syndicat interprofessionnel des radios et télévisions indépendantes (Sirti), du Syndicat des réseaux radiophoniques nationaux (SRN) et du Syndicat des radiodiffuseurs généralistes privés (SRGP) — ont annoncé qu’ils assignaient le groupe public devant le tribunal de commerce de Paris pour « concurrence déloyale » ; une première audience aura lieu le 23 mars.

Leur courroux concerne d’abord les libertés prises par la Maison Ronde concernant la publicité. « Depuis 2012, nous avons attiré l’attention du régulateur [le CSA, ndlr] et des ministres de la Culture et de la Communication successifs sur les manquements de Radio France à son cahier des charges », lance Michel Cacouault, président du Bureau de la radio. Et de citer plusieurs annonces qui contreviennent à l’obligation des stations publiques de ne diffuser que des messages collectifs et d’intérêt général (lire ici notre enquête sur la publicité à Radio France). Philippe Gault, président du Sirti, assure que « la moitié des activités commerciales du groupe public sont hors la loi, selon le rapport du député Jean-Marie Beffara », et pointe un risque de« déstabilisation du marché ».

Ensuite, les stations privées s’insurgent contre l’éventuelle modification du cahier des charges sus-cité, rédigé en 1986 — désirée par le pdg de la Maison Ronde, Mathieu Gallet, afin d’élargir le spectre des annonces diffusées, et augmenter les ressources publicitaires. « Si Radio France devenait encore davantage concurrentielle, nous ferions appel aux autorités européennes », prévient Philippe Gault. Bien décidé à ne pas laisser le service public grignoter un peu plus du gâteau publicitaire.