« Assises de l’Audiovisuel » : Le développement des chaînes de la TNT ne doit pas mettre en péril le média radio

3 juin 2013

A la veille des « Assises de l’Audiovisuel » organisées par le Ministère de la Culture et de la Communication, le SIRTI – syndicat qui regroupe les opérateurs audiovisuels indépendants, radio et télévision – appelle au maintien de l’interdiction de la publicité télévisée pour les « opérations commerciales de promotion » du secteur de la distribution*.

La perspective d’une prochaine loi audiovisuelle conduit certains groupes, grands bénéficiaires des attributions de canaux TNT, à exiger des plus hautes autorités de l’Etat qu’elles assurent leurs profits futurs en télévision, sans se soucier de mettre en péril le média radio.

En effet, le secteur de la distribution est la première ressource des radios privées en France.

La récession actuelle entraîne déjà une contraction des recettes publicitaires du média radio, après le recul ou la stagnation constatés depuis 2009. La baisse des recettes publicitaires de la radio s’accentue sur les marchés locaux ces derniers mois, au delà de tout ce qui a été connu jusqu’ici.

Une dérégulation de la promotion des enseignes de la distribution serait désastreuse pour le média radio, et a fortiori pour les radios locales, régionales et thématiques indépendantes, qui en tirent 45% de leurs recettes publicitaires.

Le SIRTI s’étonne du silence des réseaux radiophoniques nationaux face à une telle proposition, dont la mise en oeuvre viendrait également impacter leur modèle économique radiophonique. Ce silence pourrait s’expliquer par les choix stratégiques des groupes plurimédias auxquels ces réseaux appartiennent, et qui peuvent envisager un effondrement de leurs réseaux de radio en contrepartie d’une rentabilité accrue de leurs réseaux de télévision. Ce genre d’arbitrages internes à ces groupes n’est pas le moindre inconvénient de la concentration des réseaux de radio et de télévision entre les mains de 3 ou 4 acteurs qui ont été favorisés ces dernières années par les décisions des pouvoirs publics.

Philippe GAULT, Président du SIRTI :
« Si une décision malheureuse et irréfléchie était prise prochainement de transférer des radios vers les télévisions les recettes publicitaires de la distribution, que resterait-il à débattre lorsque à l’automne, comme promis par la Ministre Aurélie Filippetti, sera évoqué  » la radio et son développement » ? Il ne resterait plus, en fait, qu’un sinistre à gérer, avec en perspective des dizaines de fermetures de radios, et tout ce que ça implique sur le plan économique, social et culturel. »

* conformément à l’article 8 du décret du 7 octobre 2003, pris en application de la loi sur la liberté de communication.